Mali : un gouvernement condamné à réussir


Le nouveau Premier ministre malien Moussa Mara

Moussa Mara a rendu public, ce vendredi soir, la composition de son gouvernement. En tout, 31 membres dont 5 femmes, 10 partants et 8 nouveaux venus.

Le nouveau gouvernement, dans sa configuration, n’inspire pas optimisme tant il est éloigné de l’idée de changement qu’on se faisait. La majorité des anciens ministres restent à leurs postes et les entrants relèvent, vraisemblablement, des choix du président IBK. Bref, on ne ressent aucune touche personnelle de Moussa Mara.

Ceci dit, le mal est fait et mieux vaut positiver que de se morfondre. Après tout, ce ne sont que des hommes. Ils ne sont pas immuables, comme toute chose dans cette vie. Alors espérons d’un avenir meilleur. Mais, l’heure n’est plus au repos, le travail doit commencer incessamment. Les priorités ont déjà été dégagées par le nouveau premier ministre. Elles se résument en six (6) ordres :

La restauration et le renforcement des institutions ou « L’Honneur du Mali »

Le Mali sort d’une crise politico-sécuritaire sans précédent. La guerre dans la partie nord du pays suffisait déjà à ébranler les institutions mais il a fallu qu’une junte militaire s’empare du pouvoir et réduit à néant tout espoir de reprise avant l’horreur de l’occupation. Entre temps la communauté internationale a accompagné une transition, nécessaire, qui conduit, en 2013, à l’élection d’Ibrahim Boubacar Keita à la tête de la magistrature suprême.

Cependant, des mois ont passé sous sa présidence et malgré les efforts offensifs de « l’homme à poigne », la restauration et l’autorité n’ont de sens que dans la partie épargnée par l’occupation terroriste. Dans le septentrion, les groupes armés rebelles et djihadistes continuent à faire régner la loi de la terreur, malgré que deux forces armées dotées de moyens supérieurs à ceux de l’armée malienne aident cette dernière dans sa fonction régalienne de défense du territoire.

La sécurité comme deuxième priorité

Moussa Mara nous avait précisé qu’il s’agit de « la sécurité de l’ensemble des Maliens où qu’ils se trouvent et sur l’ensemble du territoire national. »

Ce volet est d’autant plus important qu’il ne saurait y avoir de développement sans sécurité. Il est primordial que les ressources servant à la sécurisation subissent une baisse considérable. Pour cela, il urge de réduire l’insécurité en s’attaquant frontalement aux facteurs qui la ravivent. La guerre doit être totale contre tout porteur d’arme autre que le militaire malien ou ses alliés.

La réconciliation nationale

Vaste chantier auquel s’attaquera la nouvelle équipe gouvernementale. Le ministre qui s’occupait de cette noble, mais difficile tâche a d’ailleurs été remercié et remplacé par celui qui officiait aux affaires étrangères. C’est un ex rebelle arabe , peut-être une manière de redonner confiance aux groupes armés touaregs et arabes qui semblent, jusqu’à présent, être peu intéressés par la paix.

Et pourtant cette paix, il faudra l’instaurer. Bien sûr, elle ne se décrète pas mais se forge. Au gouvernement de trouver les bons matériaux…

L’école : l’orpheline

N’eut été l’éclatement des évènements catastrophiques de 2012, elle serait érigée à la première place des priorités du gouvernement. L’important et l’incontestable fait est qu’elle est une priorité à prendre particulièrement en compte. Il y a 20 ans, était malade, aujourd’hui elle est moribonde. Comme une bombe à retardement, elle semble n’attendre que son heure pour exploser. Mais vont-ils laisser arriver une telle catastrophe ?

Nous sommes bien conscients que c’est inscrit dans le programme des priorités mais combien sont ces gouvernements qui ont promis la lune aux élèves et étudiants avant de les enterrer six pieds sous terre ? Les maliens ne sont pas dupes, sauvez l’école malienne !

L’économie d’un pays malade sous perfusion internationale

C’est un véritable défi, cette cinquième priorité. Mais sera-t-il relevé ? En tout cas, elle doit l’être. L’économie mérite bien sa place sur l’échelle des priorités car la réalisation d’une économie performante dépend de tous ces facteurs cités plus hauts.

Il faut que ce gouvernement arrive à insuffler un souffle nouveau à notre économie. Il ne s’agit nullement de distribuer de l’argent aux entrepreneurs mais tout simplement leur facilité la tâche. Aux déguerpissements et autres luttes contre l’informel, doivent se substituer des solutions de reconversions concrètes sinon, ces efforts ne contribueront qu’à appauvrir davantage l’économie nationale.

Enfin, le développement social ou « Le Bonheur des maliens »

On attend, oui on attend toujours…mais on ne voit rien. Même pas une étincelle d’amélioration de nos conditions de vie. « Le Bonheur des maliens » ne peut aucunement être réalisé en quelques mois mais ses signes annonciateurs auraient du être aperçus. Nous sommes toujours là, à baigner dans la même misère sous un soleil de plomb. Et pour couronner le tout, l’EDM (l’Energie Du Mal) nous prive de notre seul réconfort.

Après tout, doit-on blâmer le président ? Peut-être qu’il ne se rend, tout simplement, pas compte de notre misère. On peut le comprendre, entre les voyages dans les pays aux climats doux, dans des avions qui, une fois le confort réduit sont remplacés, il est très difficile, pour lui, de nous voir.

Le gouvernement de Moussa Mara a l’obligation de réunir les moyens, à court et long terme pour satisfaire enfin ce pourquoi, les plus de 77% de maliens ont élu le président de la république. Mais avant, peut-être faudra-t-il trouver la cause de l’échec de l’équipe précédente.

Est-ce parce que Oumar Tatam Ly n’était pas formé pour réaliser des miracles ? Est-ce parce que le président n’avait pas les bons ingrédients pour la préparation de la potion ? Ou tout simplement, les « Inch’Allah » d’IBK n’ont pas reçus d’échos favorables chez Le Créateur de l’univers ?

Aliou Hasseye

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par Aliou Hasseye

Configuration du gouvernement Mara : 31 membres dont 5 femmes, 10 partants et 8 entrants


Moussa Mara Premier ministre

C’est au journal de 20h qu’on attendait l’annonce de la liste des membres du gouvernement du premier ministre Moussa Mara. Finalement, ce n’est que plus tard, dans la soirée, que le communiqué de la constitution du nouveau gouvernement a été lu à la télévision nationale.

Ce qu’il faut retenir de cette nouvelle équipe est l’absence de ministres délégués et un relèvement du nombre de ministères. En effet, si le gouvernement de Monsieur Tatam Ly comportait 29 ministres et 5 ministres délégués, celui de Mara compte 31 ministres. On a donc une équipe gouvernementale resserrée à 3 membres près.

S’agissant de la représentativité des femmes, contrairement à l’ancienne équipe gouvernementale, la nouvelle est composée de 5 membres féminins, contre 4 auparavant.

Les ministres remerciés

Ils sont au nombre de dix (10), dont des caïds de l’ex junte militaire comme les généraux Moussa Sinko COULIBALY (ex ministre de l’administration territoriale) et Abdoulaye KOUMARE (ex ministre de l’équipement et des transports), toute chose qui consacre la rupture du président IBK avec les membres de l’ex junte de Sanogo. En même temps, leur départ ouvre la voie au juge Yaya Karembé de les entendre éventuellement sur l’affaire dite des bérets rouges.

Les autres partants sont Cheick Oumar Diarrah (ex ministre de la réconciliation nationale et du Développement des régions du Nord), Ousmane Ag Rhissa (ex ministre de l’environnement et de l’assainissement), Jean Marie Sangaré (ex ministre de la communication et des nouvelles technologies de l’information), Bruno Maïga (ex ministre de la culture), Moustapha DICKO (ex ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique).

Trois (3) ministres délégués ont été remerciés : Malick ALHOUSSEINI (ex ministre délégué auprès du Ministre de l’administration territoriale, chargé de la décentralisation), Nango DEMBELE (ex ministre délégué auprès du Ministre du développement rural, chargé de l’élevage, de la pêche et de la sécurité alimentaire) et Madani TOURE (ex ministre délégué auprès du Ministre de l’économie et des finances chargé du budget).

Les nouveaux ministres

Parmi les « nouvelles têtes », des habitués de la scène politique malienne dont Me Mountaga TALL(Ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique), Housseïny Amion GUINDO(Ministre des Sports) et Ousmane SY (Ministre de la décentralisation et de la ville). Les deux premiers ont notamment participé à l’élection présidentielle de 2013.

Le jeune Mahamadou CAMARA (Ministre de l’économie numérique de l’information et de la communication) fait également son entrée. C’est un professionnel de la communication et directeur de cabinet du président de la république Ibrahim Boubacar Keita.

Une nouvelle dame, N’DIAYE Rama DIALLO (Ministres de la Culture) et le diplomate Abdoulaye DIOP (Ministre des affaires étrangères de l’intégration africaine et de la coopération internationale) participeront au nouveau gouvernement, avec Abdoulaye Idrissa MAÏGA (Ministre de l’assainissement de l’environnement et de l’eau) et Mamadou Hachim Koumaré (Ministre de l’équipement des transports et du désenclavement).

Les ajustements

Le changement de poste le plus notable est celui de Zahaby Sidi Ould Mohamed qui, des affaires étrangères se trouve désormais Ministre de la réconciliation nationale.

Plusieurs ministères sont restés inchangés tant par le nom que les personnes qui les occupent. Parmi les principaux reconduits figurent, entre autres, Mohamed Ali Bathily (ministre de la Justice et des droits de l’homme), Soumeylou Boubèye Maïga (ministre de la Défense), Sada Samaké (ministre de l’Intérieur et de la Sécurité), Mme Bouaré Fily Sissoko (ministre de l’Economie et des Finances) et Mahamane Baby (ministre de l’emploi et de la formation professionnelle, porte-parole du gouvernement)

Des ministères pour les deux (2) ministres délégués reconduits

Moustapha Ben Barka, autrefois Ministre délégué auprès du Ministre de l’économie et des finances chargé de la promotion des investissements et de l’initiative privée, s’est vu consacrer un ministère à part entière, celui de l’industrie et de la promotion de l’investissement.

Même sort pour Thierno Hamady Oumar Hass Diallo, Ministre des affaires religieuses et du culte ; auparavant délégué auprès du ministre de l’administration territoriale.

Scission et disparition de ministères

Le ministère de la jeunesse et des sports a été scindé en deux (2) : le Ministère de la jeunesse et de la construction citoyenne et le Ministère des sports. Le premier est occupé par l’ancien chef des deux départements réunis Mamadou Gaoussou Diarra pendant que le second revient à Housseiny Amion Guindo, un nouvel arrivant.

On notera enfin, la disparition d’un classique, le ministère de l’administration territoriale et des collectivités locales.

Aliou Hasseye

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par Aliou Hasseye